2019-2020
Au début
ACCUEIL A PROPOS PRESSE VIDEO

 
Ils sont quatre autour d’un tourniquet dans un parc d’enfants. Quatre personnes qui vont, à leur tour, faire chacune le récit de leur désir, ou non, d’enfant. Quand, comment, pourquoi veut-on devenir parent ? Il y a celle qui a pris les choses comme elles venaient, la plus âgée, simple et tranquille (Marie Ruggeri). Enfanter, quoi de plus naturel dans son milieu, à son époque ? La plus jeune, bobo ironique (Rachel Arditi), s’est laissée convaincre pour garder son homme. Elle fanfaronne, cynique et peste, et n’acceptera véritablement ce tournant qu’une fois l’enfant né. Elle se révélera maman. Celle-là encore, gamine harcelée et humiliée – Nathalie Cerdà, extrêmement touchante – qui consacre sa vie aux autres et découvre son désir de maternité sur le tard. Lui, enfin (Eric Savin), en couple avec un homme et en quête d’une mère pour son enfant, retraçant les aléas de ce type de démarches, les relations complexes avec la mère biologique…
De sa belle écriture, François Bégaudeau (« Entre les murs ») a tiré de son roman éponyme quatre des treize destins de pères et mères d’âges, d’époques et de milieux différents. Il porte à la scène, croise et tisse ces vies en une étoffe moirée, avec ses motifs et ses inévitables accrocs. En alternance, chacun se livre, seul dans sa ligne, sans véritable interaction avec les autres sinon parfois des mots qui se répondent. Sur le fil se dégage une belle humanité. Mis en scène par Panchika Velez, « Au début » est un spectacle drôle, délicat et touchant que portent des comédiens d’une grande véracité.

  Gilles Costaz
A la naissance, c’est un livre sur … la naissance. A partir d’entretiens, François Bégaudeau écrivit Au début d’après les confidences d’une quinzaine de personnes sur leurs rapports avec le désir et le refus d’enfant tout au cours de leur vie. Du théâtre se profilait derrière les chapitres de l’ouvrage. Panchika Velez le flaira et demanda à Bégaudeau d’en tirer une pièce. Bégaudeau, qui a déjà écrit pour le théâtre et n’aime guère les textes arrachés bruts à leur publication (même quand il s’agit de ses propres livres), retint quatre personnages parmi sa galerie de confidents et les fit dialoguer en conversations parallèles et croisées à la fois. Ainsi Au début, dans sa version théâtrale, place dans un même espace-temps une femme qui se croyait laide et qui ne se décida à étreindre un homme qu’après être passée par une offre de service sexuel (officie, surveillé par le corps médical ! ) sur internet, un homme qui, vivant avec un autre homme, eut un enfant à deux pères et pas mal de complications, une femme pauvre qui, à l’époque où l’avortement était proscrit, mena difficilement une vie libre et accepta tardivement la maternité et une jeune femme de l’ère moderne individualiste mais quelque torturée en ses pensées.
Panchika Velez a placé ces personnages dans une sorte de jardin public. Ils n’appartiennent pas aux mêmes décennies mais ils sont dans le même square. Leurs propos se répondent et s’additionnent, tout au long d’un manège d’aveux où chacun est, à chaque prise de parole, dans un brûlant moment de vérité. A la fin, le manège tourne vraiment, mais on laissera au spectateur le plaisir de découvrir la dernière et belle image du spectacle. Rachel Arditi compose une jeune fille aux prises avec ses contradictions avec une drôlerie toujours sensible, Nathalie Cerdà parvient à tracer une véritable transformation depuis le repli sur soi jusqu’à l’ouverture à l’amour, Marie Ruggieri dessine finement le cheminement d’une femme échappant peu à peu au déterminisme social, Eric Savin sait superposer dans un même jeu la joie et la mélancolie. Le spectacle de Bégaudeau, Velez et leurs comédiens se perçoit d’abord comme un intéressant objet sociologique puis, tout à coup, vous pince le cœur, brise la distance, chante comme un hymne. Il est rude comme la vie et musical comme un concerto.


En 2012, François Bégaudeau rassemble des témoignages autour de la maternité dans un ouvrage intitulé Au début.
Puis, ce surdoué accepte d’adapter son roman au théâtre et privilégie quatre personnages : Marie-Jo, la rurale tombée enceinte par accident, Marie, la citadine survoltée, Geneviève, la complexée, et Baptiste, le gay en quête d’une mère.
Chacun évoque, à tour de rôle, la naissance de son enfant, le moment où tout à basculé.
Beaucoup se reconnaîtront, riront ou auront une larme en écoutant ces histoires contées par un quatuor de comédiens exceptionnels.

 
Du théâtre de récit qui quelque part, raconte la France au XXè siècle dans ses différentes strates.

 
Bégaudeau signe un antimanuel de Laurence Pernoud, réaliste et drôle.


"Au Début" est une jolie adaptation du livre éponyme de François Bégaudeau sur le désir d’enfant et les mystères de la gestation. Il est défendu par une belle brochette de comédiens : Rachel Arditi, Nathalie Cerdà, Marie Ruggeri, Eric Savin. Au Petit Louvre à Avignon jusqu'au 29 juillet 2018, puis au Petit Montparnasse à Paris à partir du 6 septembre.
"Au début", trois femmes et un homme nous racontent par bribes leur vie qui bascule lorsque le désir d’avoir un enfant se fait sentir.
Il y a Geneviève (Nathalie Cerdà), qui se trouve bien peu désirable pour espérer rencontrer l’homme de sa vie ; Marie Jo, la retraité (Marie Ruggeri), qui a plutôt subi que désirer ses grossesses, dans les années 60 où il était si difficile d’avorter ; Marie (Rachel Arditi), la jolie citadine qui ne veut pas vraiment mais qui veut garder son couple ; et Baptiste (Eric Savin), confronté à la difficulté d’être père quand on est gay.
Chacun confronter à son désir d’enfant ou à l’enfant à naitre va peu à peu se dévoiler, se révéler, devenir l’acteur de sa propre vie, passer dans une autre dimension, se projeter dans un futur plein de promesses mais redouté par chacun.
Ces personnages qui pourraient être des archétypes, nous surprennent constamment par ce qu’ils disent, c’est l’intérêt du spectacle et le talent de Bégaudeau.
Bégaudeau ausculte la vraie grande aventure humaine.
Geneviève va se découvrir mère en s’occupant d’un jeune en rupture rencontré dans son lycée. Marie, l’individualiste forcenée se sentira mère à la naissance de son enfant. Marie Jo a subi, mais ses enfants devenus grands sont désormais au cœur de sa vie. Après bien des péripéties douloureuses, Baptiste aura une foi aveugle en sa fille qu’il a tant souhaitée et attendue.
Doutes, peurs, déceptions, Bégaudeau de sa plume puissante et légère ausculte la vraie grande aventure humaine avec une infinie tendresse. Il est servi par quatre très bons comédiens qui dessinent finement leurs personnages : Rachel Arditi, Nathalie Cerdà, Marie Ruggeri, Eric Savin
La mise en scène de Panchika Velez est astucieuse et sobre. Au centre de la scène un tourniquet de square autour duquel s’enroulent et de se déroulent les vies des quatre protagonistes.
On retrouve forcément un peu de soi dans ces récits simples et sincères, entre désenchantement et espérances.

 
Être mère, être père qu’est ce que cela signifie ? Qu’est ce que cela réveille au fond du cœur ? S’emparant du sujet délicat du désir ou du déni d’enfant, François Bégaudeau esquisse des portraits de femmes et d’hommes face à la parentalité vécue ou à venir. Portés par la mise en scène élégante de Panchika Velez, les quatre poignants interprètes nous emportent dans des tourments intimes. Bouleversant !
Au début, c’était une envie, un désir. Au début, c’était un incident, un impromptu. Au début, c’était un refus catégorique, un rejet. Au début, c’était un espoir inenvisageable. Puis le tourbillon de la vie passe, laissant au creux du ventre une petite graine, un petit enfant en devenir. Dans un jardin d’enfants, mobilier rouge éclatant, trois mères et un père se retrouvent et content leurs histoires. Les mots se coursent empruntant des chemins escarpés. Les paroles des unes, les pensées des autres se chevauchent, se répondent parfois, en un flot continu, torrentiel. N’épargnant rien de leur souffrance, de leur bonheur, de leur déni, nos quatre protagonistes puisent au plus profond de leur être, de leur âme pour livrer ce qu’est pour eux, pour elles la maternité, la parentalité.
La plus jeune (éclatante Rachel Arditi) se sent prise au piège par son conjoint. Ne voulant pas le perdre, elle accepte de porter sa progéniture à son corps défendant, quitte à renier son désir de ne pas enfanter. Dans l’excès, elle cherche à repousser la date fatidique, le moment de la délivrance où ils ne seront plus deux, mais trois. La plus âgée (épatante Marie Ruggeri) se souvient de ses trois grossesses, de son envie de faire passer le premier, le dernier, comment on le disait dans le temps, dans les années 1960, de l’amour inconditionnel qu’elle leur a apporté dès que leur premier cri a retenti. La troisième (vibrante Nathalie Cerdà), vieille fille en devenir, marquée aux fers incandescents par les quolibets, les violences de ses camarades et collègues, persuadée d’être un laideron que personne ne peut aimer, désirer, trouvera dans son métier, dans ses errances sur la toile, à assouvir cette envie trop longtemps, enfouie dans son cœur, être mère. Enfin, lui, le seul homme du plateau (poignant Eric Savin), c’est un drame, la mort de son compagnon qui met un temps fin à cette volonté de fonder une famille en adoptant. Les embûches, les désillusions seront nombreuses avant que ce doux rêve finisse par se concrétiser. Il faudra les bras d’un autre amant ayant le même vœu, un couple de lesbiennes pour que l’affaire, le contrat se réalise.
S’interrogeant sur le désir autant que sur le refus d’avoir un enfant, François Bégaudeau est parti à la rencontre de ces femmes, de ces hommes confrontés à la parentalité, de ces récits autant singuliers qu’universel. De cette envie, de ce déni, de cet événement qui chamboule tout, change la vie. De toutes ces pensées qui assaillent les esprits, de tous ces renoncements pour connaître d’autres plaisirs que seule la maternité, paternité apporte, le dramaturge en tire une matière romanesque, théâtrale qui saisit, captive. Avec une délicatesse infinie, Panchika Velez s’empare de ces instants de vie, de ces histoires. Elle leur donne une profondeur qui touche au cœur et résonne en écho de nos propres aspirations.
Si l’émotion nous étreint, c’est aussi grâce aux quatre comédiens, tous impressionnants. Passant du rire aux larmes, Rachel Arditi, Nathalie Cerdà, Marie Ruggeri et Éric Savin font vibrer les états d’âme, les tourments intimes, les joies intenses d’être parent. Un petit bijou à découvrir sans tarder !

 
Trois femmes et un homme racontent le cheminement qui les a conduits à donner la vie. Leurs destins s’entrelacent dans Au début au théâtre du Petit Montparnasse. Les témoignages de ces anonymes, qui dévoileront rarement leurs prénoms par la suite, se distinguent et se reflètent. Mère par accident, ou pour céder au désir de son compagnon, comme pour la cadette, chaque histoire renvoie à une génération au-delà de la narration individuelle. Les résonances communes dans les différents parcours appuient ou justifient certains propos.
François Bégaudeau dresse quatre attachants portraits, comme autant de visions de la maternité et de la paternité. Parmi les treize récits qui composaient son roman paru en 2012, l’auteur en a extirpé quatre, en veillant à varier « les angles depuis lesquels appréhender l’étrange aventure de la procréation. » Il a adapté et imbriqué ces textes réalistes pour les planches, à la demande de Panchika Velez. Cette dernière met en scène, avec finesse, ces tourbillons de la vie dans le délicat écrin conçu par Claude Plet. Des chaises en fer forgé rouge entourent un tourniquet, pierre angulaire du décor propice aux jeux d’enfants dans un square.
Recueil poignant et drôle, Au début conserve une empreinte littéraire, puisqu’il s’agit de quatre monologues. Les comédiens animent ces mots et incarnent avec talent ces êtres touchants. Pour garder son homme, Marie accepte à contrecœur de lui faire un enfant. Rachel Arditi convainc en bobo pestant et s’apitoyant sur son sort à chaque étape de sa grossesse. Les considérations de cette femme-enfant ne pouvaient germer dans l’esprit de Marie-Jo. Philosophe, Marie Ruggeri campe l’ainée, pour laquelle enfanter était dans l’ordre des choses. Elle évoque avec recul son époque sans manuel ou échange d’expérience avec quiconque. Les témoignages de ces deux femmes se réfléchissent tandis que les deux autres se recoupent autour d’un mode de conception peu conventionnel. Nathalie Cerdà éblouit dans le rôle de Geneviève, femme à l’apparence terne et au verbe percutant, souffre-douleur de ses camarades depuis sa plus tendre enfance. Son émouvant récit décrit essentiellement son rapport aux autres. Enfin, Éric Savin compose les tourments de Baptiste, qui traverse un chemin long et sinueux entre son premier désir d’être père et la naissance de son enfant. Chaque interprète séduit tellement par sa prestation que l’absence d’interaction entre les quatre personnages laisse un léger goût d’inachevé.
Au début est une pièce patchwork bouleversante surpiquée d’humour.

 
Quatre femmes, un homme nous parlent de leur vie et de leur désir d’enfant. Les monologues se croisent, les personnages se confient, s’écoutent, se répondent, nous interpellent, de la manière la plus fine possible, dans une langue ciselée qui est celle d’un écrivain d’aujourd’hui, François Bégaudeau. Rachel Arditi incarne la piquante trentenaire qui s’en fiche mais qui tente de respecter tant bien que mal le désir de son conjoint, Nathalie Cerdà la vieille fille qu’on a toujours traitée de « moche » au collège, Marie Ruggeri la retraitée qui n’a pas eu le temps de penser à elle et Eric Savin le citadin prêt à vivre une révélation planétaire. Ces monologues sont inspirés, en partie, de témoignages réels, mais l’auteur en a fait des récits passionnants, pleins d’humour et d’autodérision. Les comédiens sont installés dans un joli décor aux couleurs douces, tout rond. Et la mise en scène de Panchika Velez, comme toujours, magnifie les textes et a cuisiné ses comédiens aux petits oignons. Un petit délice.

 
Trois femmes de générations différentes et un homme... Ils s’appellent Marie-Jo, Geneviève, Marie et Baptiste. Chacun des protagonistes d’Au début raconte sa propre vie ancrée dans son époque. Leurs regards ne se croisent pas et ils s’expriment chacun à tour de rôle pendant quelques minutes tel un orchestre dans lequel chacun joue sa partition ou un groupe de parole dont le temps qui avance met à nu la profondeur souvent accidentée de l’âme. Et pourtant... Ces existences basculent lorsque le désir d’avoir un enfant se fait sentir et qu’un nouveau-né vient au monde. Les quatre personnages deviennent alors des héros. L’une raconte les difficultés d’avorter et de prendre la pilule dans les années 60. L’autre se pense trop moche pour rencontrer l’homme de sa vie et avoir des enfants tandis que la jeune citadine confie qu’elle ne voulait pas d’enfant. Enfin, la seule figure masculine de la pièce évoque la difficulté de devenir père lorsque l’on est gay.
Au début est une adaptation réussie du livre éponyme de François Bégaudeau. Les quatre histoires, parmi les treize de l’ouvrage, ont été bien choisies et les séquencer par morceaux montre la fragilité de la confidence, et de manière plus générale de la vie. Les protagonistes, d’abord drapés dans la froideur de leur individualisme, s’ouvrent de plus en plus lorsqu’ils racontent leur désir d’avoir un enfant et la naissance. Ils finissent par se croiser et se regarder comme une injonction faite à chacun de nous, personnes autocentrées qui oublions que nous empruntons, hier comme aujourd’hui, les mêmes chemins, partageons les mêmes aspirations, mais aussi des déceptions et des peurs similaires. La musique de Bruno Ralle, une ballade country/rock adaptée d’un thème du compositeur Enrique Granados, accompagne ces récits interprétés avec justesse par Rachel Arditi, Nathalie Cerdà, Marie Ruggeri et Eric Savin. La parenthèse de l’émerveillement de la gestation cède la place à la réalité de la vie et aux craintes du futur. Le public se retrouve forcément dans ces histoires comme Bégaudeau sait les raconter, avec une vérité poétique et touchante.

 
François Bégaudeau, publie en 2012 « Au Début », recueil de treize récits sur la grossesse. Suite à une rencontre avec Panchika Velez qui signe ici la mise en scène de cette création, il en adapte quatre pour le théâtre.
Sur scène, autour d’un tourniquet, trois femmes et un homme de milieux sociaux et d’âges différents. Chacun va raconter au public à tour de rôle et par brides, sa vie qui bascule lorsque né son désir (ou son refus) d’avoir un enfant. Les protagonistes vont suivre des chemins séparés qui s’entrecroisent autour de la parentalité. La plus âgée est tombée enceinte en 1963 quand il n’était pas possible d’avorter. La plus jeune fait un enfant pour que son homme reste. Celle en manque de confiance fait appel à un escort boy pour lui faire un enfant. Le gay désire être père. Depuis leur passé jusqu’à la naissance de l’enfant, ils amènent les spectateurs dans un voyager initiatique parfois douloureux, parfois ludique, avec un mélange d’émotions où se mêlent humour, tendresse et amour. Ce texte léger et fort est porté par quatre excellents comédiens. Ovation par un public conquis.

 
Trois femmes et un homme évoquent le moment où leur vie a basculé : la naissance d’un enfant. François Bégaudeau – auteur et acteur d’Entre les murs, palme d’or à Cannes – a adapté son roman éponyme, Au début, composé de treize récits et en a retenu quatre pour la scène. Ce doué a formé un chœur de quatre comédiens à découvrir sans faute sur la scène du Petit Montparnasse.
Au début, Marie-Jo a été prise de court. La rurale devenue institutrice est tombée enceinte d’un collègue mais, en ce temps-là, avorter était illégal. Au début, Marie, citadine a eu l’idée d’avoir un enfant pour que son homme reste, mais quand, à l’échographie, cette survoltée a vu un embryon de la taille d’un nem, elle a détesté son état. Au début, Geneviève pensait qu’elle resterait vieille fille. Timide et complexée, cette binoclarde n’attirait personne, mais à 31 ans, un désir inconsidéré est monté en elle et elle a contacté un escort boy. Au début, Baptiste a eu l’idée d’élever un enfant avec son compagnon, mais celui-ci est mort du sida et il a dû attendre 15 ans avant d’être enfin un père hors du commun. 
Une mise en scène originale
Panchika Velez, metteuse en scène, a imaginé un décor simple, celui d’un square. Ce lieu où l’on emmène les enfants permet aussi d’être solitaire en présence des autres. Sur un tourniquet, un banc ou une chaise, chaque personnage raconte, à tour de rôle, comment il a vécu l’étrange aventure de la procréation. Aucun dialogue, aucune expérience vécue entre les uns et les autres, d’âges, d’époques et de milieux différents. Chaque témoignage prend ainsi plus de relief et de force. Au fils des confidences, chacun s’ouvre un peu plus, dévoile ses peurs, ses déceptions, ses joies. La musique de Bruno Ralle, bien distillée, accompagne ces histoires avec des airs de ballade parfois country, parfois classique ou rock.
Des comédiens exceptionnels
Dans le rôle de Marie-Jo qui a eu trois enfants « par accident », Marie Ruggeri, aiguilles à tricoter en main et diction parfaite, est remarquable. Et très drôle lorsqu’elle évoque la vache Violette qu’elle avait vue vêler à la ferme et qui lui a servi de modèle le jour J. Amusante aussi Rachel Arditi dans la peau de Marie, qui vit très mal sa grossesse et ne veut surtout pas donner un prénom de roi à un enfant de la République. Mais quand son petit Diego naît, elle devient enfin mère. Pour incarner Geneviève, l’assistante sociale mal dans sa peau, Nathalie Cerdà nous montre la plus belle métamorphose, la laide devenant belle lorsque l’enfant paraît. Enfin Eric Savin offre une émouvante composition de Baptiste, gay et fier d’avoir une fille, Alice, la merveille de sa vie. Impossible de rester insensible à ce quatuor et à cette évocation de la grossesse concoctés par François Bégaudeau. Cet observateur redoutable retranscrit avec un mélange bien dosé d’humour et d’émotion ce que femmes et hommes ressentent face au miracle de la vie.

 
Au centre de la scène, un tourniquet rouge entouré de quelques chaises en fer rouge, square symbolique de toute nos envies enfantines, de nos rêves d’adolescents, de nos doutes d’adultes et de nos peurs de parents… Ces quatre récits adaptés par François Bégaudeau lui-même de son livre « AuDébut » nous entraînent au cœur de la vie de quatre personnes à un moment unique : celui du besoin absolu, irrésistible d’avoir un enfant… En allant enquêter auprès de femmes et d’hommes, l’auteur, dans un style simple et avec l’humour du désespoir, a réussi à décrire cette envie désespérée de maternité, de descendant… ou pas !
La mise en scène magnifique et toute en finesse de Panchika Velez souligne avec beaucoup d’intelligence la justesse de ces récits.
Ils font quatre et nous racontent leur vie qui s’entremêlent dans leurs doutes communs, leurs difficultés, leurs joies, petites histoires intimes qui rejoignent la grande histoire de l’humanité, celle de la maternité et de la paternité.
Il y a cette mère de trois enfants, formidable et craquante Marie Ruggeri, qui nous raconte sa première grossesse non prévue, sa volonté de s’en débarrasser et l’impossibilité d’y arriver à l’époque, en 1960. Par la force des choses, elle se résigne, se marie et dans la foulée de son premier enfant, elle en aura deux autres.
Tranquillement, par petites touches, elle nous dévoile sa vie mais surtout son amour infini pour ses enfants.
Il y a la mère célibataire, irrésistiblement drôle, acide et tellement émouvante Nathalie Cerdà, dont l’enfance et l’adolescence furent marqués par les persécutions des autres gamins. Elle, qui toute sa vie fut stigmatisée pour sa laideur avec toute la cruauté dont sont capables les jeunes et les moins jeunes, se réalisera en s’occupant d’enfants rudoyés par la vie et surtout en décidant un jour d’être mère, elle qui aurait dû finir seule, sans jamais connaître l’amour…
Il y a la mère en devenir, superbe et émouvante Rachel Arditi qui ne veut surtout pas d’enfant contrairement à son ami qui en rêve. Sans joie, elle cède au désir de son homme mais désespérée, rageuse, elle se venge de cette grossesse imposée en imposant à son tour tous ses caprices jusqu’à l’excès…
Et puis il y a un homme, bouleversant Eric Savin, homosexuel dont la peur que rien ne lui survive après… Lui fait souhaiter ardemment un enfant. La mort de son ami qui partageait cette envie met un terme à ce rêve. Après des années de tristesse et de difficultés, la vie lui offrira la possibilité de réaliser son désir si profondément ancré en lui.
Ce spectacle fait de tendresse, de douleur et empathie porté par ces comédiens tous exceptionnels nous touche en douceur, nous faisant passer du rire aux larmes, et la mise en scène de Panchika Velez, secondée par une scénographie sobre et efficace, nous interpelle avec profondeur et intelligence, sur notre aspiration à la maternité et paternité et sur notre capacité de résilience.
Un spectacle salutaire à ne manquer sous aucun prétexte !


Avec l'adaptation de son propre roman, François Bégaudeau met en lumière un sujet rarement évoqué dans le théâtre : le désir d'enfant. Avec un focus sur 4 des 13 récits qui composent son ouvrage, il offre un regard poignant sur les différentes façons d'aborder la parentalité à travers quatre protagonistes aux histoires bien distinctes. Chacune s'entrecoupe, de sorte que, sur scène, les personnages évoluent les uns à côté des autres, sans jamais se rencontrer.
On retrouve ainsi une douce institutrice à la retraite qui dépeint comment sa famille s'est construite au fil des années, à une époque où les faiseurs d'ange étaient légion. En parallèle, une trentenaire cynique raconte pourquoi elle a mal vécu sa grossesse, acceptée par défaut et devenue rapidement (et détestablement) un objectif de groupe par son entourage. Troisième femme sur scène, et peut-être aussi le personnage le plus poignant, une quadra dont l'envie d'être mère s'est révélée sur le tard, elle que l'amour n'a jamais trouvée. Enfin, un homme raconte le parcours difficile pour devenir père quand on est homosexuel, et que le nombre de parents se multiplie alors par deux. Plus difficile à suivre, son histoire a toutefois le mérite de ne pas oublier les couples gays et le chemin semé d'embûches qu'ils doivent, pour beaucoup, traverser afin de fonder une famille.
Avec une mise en scène minimaliste mais efficace (la scène "du drap blanc" nous fait encore frissonner), cette pièce porte des histoires singulières, vécues à différentes époques par des personnages au tempérament très divers. L'interprétation sonne juste, et si le rythme est inégal, on ne peut qu'éprouver de la tendresse, de la compassion, de l'intérêt et de l'émotion. On écoute, on rit, on retient même parfois ces larmes et son souffle, et l'on passe un joli moment.


 
Parce que le thème de la maternité m’intéressera toujours et qu’il n’est finalement pas si souvent traité au théâtre, je suis allée voir « Au début », adapté du roman de François Bégaudeau et mis en scène par Panchika Velez, au théâtre du Petit Montparnasse. Cette pièce, c’est l’histoire, ou plutôt ce sont les histoires, de trois femmes et d’un homme d’âges, d’époques et de milieux sociaux différents, qui sont devenus mère ou père à un moment donné de leur existence. Mais parce que chaque parcours de vie est unique, chacun raconte son histoire à lui, à elle, chacun à sa manière, sans entrer dans les histoires des autres, tout en se faisant écho. Seul dénominateur commun : rien n’est plus commun qu’une naissance, rien n’est plus unique.
Ils prennent la parole à tour de rôle par une belle journée ensoleillée, dans un parc. Il y a là la jeune bobo citadine, (Rachel Arditi) cynique et blasée, pour qui la maternité n’était pas une évidence, mais qui se révèlera à elle-même à la naissance de son enfant. Celle (touchante Nathalie Cerdà) pour qui ça n’était pas gagné avec les hommes mais qui découvrira son désir de maternité sur le tard et réalisera ce projet. Celui (Eric Savin) qui, en couple avec un homme, sera à la recherche de la mère biologique de son enfant. Enfin, la plus âgée (Mari Ruggeri), celle qui à son époque nous rappelle qu’on « ne parlait pas de ces choses-là » et pour qui enfanter était encore la chose la plus naturelle du monde, sans questionnement ou réflexion à l’infini.La première demi-heure m’a laissé quasi de marbre, écoutant poliment les histoires des uns et des autres sans y trouver grand intérêt. Et puis au fil des monologues, « je suis rentrée dedans » comme on dit, m’intéressant de plus en plus à la tournure des évènements, à la progression des récits, à l’évolution des parcours, aux coups durs, aux espoirs retrouvés, aux projets de vie. Chaque récit gagnait en densité, en naturel, en émotion pour former un ensemble attachant. Gardez d’ailleurs un mouchoir à portée de main, la scène de l’accouchement et des premiers moments mère-fils interprété par Rachel Arditi vous fera peut-être comme moi verser une larme. Une pièce peut-être par moment un peu verbeuse, mais attachante et défendue par un très bon quatuor de comédiens. A découvrir.

Zoom
Trois femmes et un homme évoquent le moment où leur vie a basculé : la naissance d’un enfant. François Bégaudeau – auteur et acteur d’Entre les murs, palme d’or à Cannes – a adapté son roman éponyme composé de treize récits et en a retenu quatre pour la scène. Ce doué a formé un chœur de quatre comédiens à découvrir sans faute sur la scène du Petit Montparnasse.
Au début, Marie-Jo a été prise de court. La rurale devenue institutrice est tombée enceinte d’un collègue mais, en ce temps- là, avorter était illégal. Au début, Marie, citadine, a eu l’idée d’avoir un enfant pour que son homme reste, mais quand, à l’échographie, cette survoltée a vu un embryon de la taille d’un nem, elle a détesté son état. Au début, Geneviève pensait qu’elle resterait vieille fille. Timide et complexée, cette binoclarde n’attirait personne, mais à 31 ans, un désir inconsidéré est monté en elle et elle a contacté un escort boy. Au début, Baptiste a eu l’idée d’élever un enfant avec son compagnon, mais celui-ci est mort du sida et il a dû attendre 15 ans avant d’être en n un père hors du commun.
Une mise en scène originale.
Panchika Velez, metteuse en scène, a imaginé un décor simple, celui d’un square. Ce lieu où l’on emmène les enfants permet aussi d’être solitaire en présence des autres. Sur un tourniquet, un banc ou une chaise, chaque personnage raconte, à tour de rôle, comment il a vécu l’étrange aventure de la procréation. Aucun dialogue, aucune Expérience vécue entre les uns et les autres, d’âges, d’époques et de milieux différents. Chaque témoignage prend ainsi plus de relief et de force. Au fils des confidences, chacun s’ouvre un peu plus, dévoile ses peurs, ses déceptions, ses joies. La musique de Bruno Ralle, bien distillée, accompagne ces histoires avec des airs de ballade parfois country, parfois classique ou rock.
Des comédiens exceptionnels.
Dans le rôle de Marie-Jo qui a eu trois enfants « par accident », Marie Ruggeri, aiguilles à tricoter en main et diction parfaite, est formidable. Et très drôle lorsqu’elle évoque la vache Violette qu’elle avait vue vêler à la ferme et qui lui a servi de modèle le jour J. Amusante aussi Rachel Arditi dans la peau de Marie, qui vit très mal sa grossesse et ne veut surtout pas donner un prénom de roi à un enfant de la République. Mais quand son petit Diego naît, elle devient en une mère. Pour incarner Geneviève, l’assistante sociale mal dans sa peau, Nathalie Cerdà nous montre la plus belle métamorphose, la laide devenant belle lorsque l’enfant paraît. Enfin Éric Savin offre une émouvante composition de Baptiste, gay et fier d’avoir une fille, Alice, la merveille de sa vie. Impossible de rester insensible à ce quatuor et à cette évocation de la grossesse concoctés par François Bégaudeau. Cet observateur redoutable retranscrit avec un mélange bien dosé d’humour et d’émotion ce que femmes et hommes ressentent face au miracle de la vie.


« Au Début » est une jolie adaptation du livre éponyme de François Bégaudeau sur le désir d’enfant et les mystères de la gestation. Il est défendu par une belle brochette de comédiens : Rachel Arditi, Nathalie Cerda, Marie Ruggeri, Eric Savin.
« Au Début », trois femmes et un homme nous racontent par brides leur vie qui bascule lorsque le désir d’avoir un enfant se fait sentir.
Il y a Geneviève (Nathalie Cerda), qui se trouve bien peu désirable pour espérer rencontrer l’homme de sa vie ; Marie Jo, la retraité (Marie Ruggeri), qui a plutôt subi que désirer ses grossesses, dans les années 60 où il était si difficile d’avorter ; Marie (Rachel Arditi), la jolie citadine qui ne veut pas vraiment mais qui veut garder son couple ; et Baptiste (Eric Savin), confronté à la difficulté d’être père quand on est gay.
Chacun confronté à son désir d’enfant ou à l’enfant à naitre va peu à peu se dévoiler, se révéler, devenir l’acteur de sa propre vie, passer dans une autre dimension, se projeter dans un futur plein de promesses mais redouté par chacun.
Ces personnages qui pourraient être des archétypes, nous surprennent constamment par ce qu’ils disent, c’est l’intérêt du spectacle et le talent de Bégaudeau.
Bégaudeau ausculte la vraie grande aventure humaine.
Geneviève va se découvrir mère en s’occupant d’un jeune en rupture rencontré dans son lycée. Marie, l’individualiste forcenée se sentira mère à la naissance de son enfant. Marie Jo a subi, mais ses enfants devenus grands sont désormais au cœur de sa vie. Après bien des péripéties douloureuses, Baptiste aura une foi aveugle en sa fille qu’il a tant souhaitée et attendue.
Doutes, peurs, déceptions, Bégaudeau de sa plume puissante et légère ausculte la vraie grande aventure humaine avec une infinie tendresse. Il est servi par quatre très bons comédiens qui dessinent finement leurs personnages : Rachel Arditi, Nathalie Cerdà, Marie Ruggeri, Eric Savin.
La mise en scène de Panchika Velez est astucieuse et sobre. Au centre de la scène un tourniquet de square autour duquel s’enroulent et se déroulent les vies des quatre protagonistes.
On retrouve forcément un peu de soi dans ces récits simples et sincères, entre désenchantement et espérances.

 WEEK-END Coup de 
Quatre personnages évoquent leur rapport à la parentalité. Quatre histoires entrelacées, adaptées du roman « Au début », de François Bégaudeau. Un spectacle subtil et profondément émouvant.
Au tout début, il y a Marie, une trentenaire urbaine, résolument libre. Marie qui finit par accepter de faire un enfant à l’homme qu’elle aime – parce que c’est logique, parce qu’il en a envie, parce qu’ils ont prévu de passer leur vie ensemble – mais qui n’en ressent pas le besoin viscéral. Il y a aussi Marie Jo, 70 ans, élevée à la campagne, dure au mal, qui se souvient de sa première grossesse survenue bien trop tôt, mais finalement acceptée parce qu’il faut bien prendre la vie comme elle vient. A leurs côtés, deux autres personnages qui, eux, rêvent d’enfanter. Geneviève, « la laide », souffre-douleur de ses camarades depuis l’enfance, qui ne connaît ni l’amour ni la bienveillance des hommes. Et puis Baptiste, homosexuel, qui doit trouver le moyen de se bricoler une famille dans une société qui ne lui facilite pas la tâche. Ce sont quatre regards sur le désir ou le non-désir d’enfant, quatre récits qui s’enchevêtrent et se répondent à des époques et en des lieux différents.
Des interrogations universelles.
En 2012, l’écrivain François Bégaudeau publiait Au début. De ce roman il a tiré une pièce sensible et émouvante. Il y sonde avec une rare justesse, sans jamais juger, les élans, les doutes et les angoisses que génère la venue au monde d’un enfant. Ses personnages nous font entendre leur vérité et racontent la manière dont ils doivent composer avec leur envie profonde, celle de leur conjoint, le conformisme et les règles de la société. La mise en scène de Panchika Velez offre un écrin de choix à ce ballet de émotions. Dans un square minimaliste au mobilier rouge, les héros se livrent sans fard. Dirigés avec une grande précision, les comédiens donnent chair et voix à ces personnages aux interrogations universelles. L’émotion affleure. On s’insurge avec Marie, campée par la pétillante Rachel Arditi, de la facilité avec laquelle les gens s’approprient le corps de la femme enceinte, n’y voyant plus qu’un logement pour l’enfant à naître, oublieux de l’intimité de la mère. On plonge avec nostalgie, guidés par les mots de Marie Jo (douce Marie Ruggeri), dans la France des années 1960, à l’heure où les femmes n’étaient pas maîtresses de leurs grossesses. On s’interroge avec Baptiste (Eric Savin, touchant) sur ce qui fait un père. Et surtout, on s’émeut avec Geneviève, bouleversante Nathalie Cerdà, de la cruauté dont elle est l’objet et de son besoin d’amour inassouvi.

Les spectacles et leur distribution ne sont pas contractuels

© Acte 2 - Odenti: création site internet et référencement