2002 - 2003
La Légende d'une vie
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Vienne 1919. Un jeune auteur cherche à s'extirper du souvenir de son père, poète devenu icône nationale. Le jeune homme étouffe dans la maison familiale où tout est organisé par sa mère autour du culte du grand homme. C'est alors que revient au sérail une femme dont le secret pourrait libérer le jeune homme de son carcan.


note de mise en scène

Après « Lettre d’une inconnue » et l’immense plaisir de travailler sur l’œuvre de Stefan Zweig, l’envie de trouver un texte moins connu de cet auteur m’a poussé à lire ou relire son Théâtre, plutôt que les adaptations de nouvelles.
En découvrant « Légende d’une vie », c’est tout un univers d'émotions et de réflexions qui s’est ouvert à mon imaginaire de metteur en scène : dans cette ambiance incroyablement intense et redoutable d’une famille digne d’Ibsen et Faulkner réunis, j’ai retrouvé les obsessions de Treplev dans «  La Mouette » de Tchekhov et la force d’un Thomas Bernhard... 
Voilà une belle matière théâtrale, de quoi réunir autour de moi une équipe d’acteurs vibrants et profonds, de quoi offrir à Natalie Dessay l’opportunité de porter haut la grandeur artistique de Leonor, à Macha Meril d’être l’étrangère sincère et blessée, la Maria du passé qui détient la vérité, de quoi permettre à Gael Giraudeau de défendre la légitimité d’exister en tant que fils et artiste. 
Voilà aussi pour moi l’annonce d’un travail exigeant et fiévreux, dans l’écrin d’un espace inventé par Catherine Bluwal, qui transportera les spectateurs dans un Palais de glace, mausolée transparent ou la vérité doit apparaître. 

Christophe Lidon


note de présentation de l'adaptateur

Le théâtre de Stefan Zweig constitue une partie importante et souvent ignorée de son œuvre. « Légende d’une vie », créée en janvier 1919, en est un élément essentiel, que Zweig définit comme un « drame moral et contemporain », « le combat du fils contre la figure légendaire et faussée du père défunt qui l’opprime moralement et qu’il commence à aimer après avoir arraché le masque héroïque modelé par la famille et reconnu l’homme coupable et humain en lui » (lettre à son ami Romain Rolland).
Ce bijou de psychologie nous amène au coeur de l’affrontement entre deux femmes qui ont partagé la vie du grand homme, le poète Franck : Sa veuve, Leonor, autoritaire et intransigeante gardienne de l’oeuvre poétique de son époux, et son premier amour, Maria, l’étrangère, la paria, dont le retour inopiné vient brouiller l’image idéalisée du Maître.
Les thèmes que brasse « Légende d’une vie », nombreux et passionnants, font de cette pièce l’écho fidèle de ce  « monde d’hier » au déclin duquel Zweig ne voulut pas survivre : l’incidence des clivages sociaux et du culte du secret, la genèse des drames familiaux, la constitution de l’identité (comment construire sa propre identité face à un si lourd héritage ?), le glissement de la vérité déformée vers le mensonge affirmé, et, bien sûr, le thème central de l’héritage spirituel : Peut-on réécrire la vie de l’autre jusqu’à construire une légende ?                                      
Michael Stampe

Les spectacles et leur distribution ne sont pas contractuels

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