2019-2020
Le Lien
ACCUEIL A PROPOS

la pièce 
Il y a longtemps que Stéphane n’aime pas comment sa mère lui parle. N’aime pas comment sa mère ne lui parle pas. Mais ce jour là est la fois de trop, le fromage de trop. Il va partir. Et ne plus jamais revenir. Pourquoi tolérerait-il chez elle des travers qu’il ne tolère chez personne d’autre ? Il va partir et pour l’instant il reste.


François déjeune chez sa mère. L’acte qui lance l’échange, ou les hostilités, est à la fois anodin et symbolique : il se lève de table. Et ne veut plus se rasseoir. Il ne peut plus tenir cette conversation. Cette absence de conversation. Il va partir, dit-il, partir et ne plus jamais revenir.
Qu’est-ce qui le retient ? Quel argument irrésistible, et non formulé, s’oppose aux arguments parfaitement pertinents formulés par Stéphane pour étayer son désir de rompre le lien ? Christiane le sait : c’est ce lien même. Christiane n’a qu’une chose à dire à son volubile rejeton, une chose intellectuellement faible et organiquement forte : elle est sa mère, il est son fils. Ce lien les unit, les attache, les ligote, les emprisonne, les protège, les rassure, les irrite, et font d’eux des comparses à vie.

François Bégaudeau


François Bégaudeau, auteur et acteur d’« Entre les murs », dont l’adaptation cinématographique a obtenu la Palme d’or au Festival de Cannes en 2008, a reçu différents prix pour ses œuvres. Il aborde de multiples formes d’écriture et notamment pour le Théâtre tout en poursuivant un cheminement d’acteur et de journaliste.


Pour matérialiser la confrontation au plus juste, pour exprimer sa vitalité réjouissante, Christiane la mère possède rugosité et sensibilité mêlées. Stéphane, son fils réunit intelligence solide et fragilité aigüe. Françoise, l’amie de la mère est une boule d’humanité généreuse, un levier. Comme terrain de jeu, l’appartement de Christiane tend presque à disparaître à certains moments pour céder la place à l’essentiel : les mots et les corps.
Le lien évoque le cordon ombilical, les ancrages familiaux indéfectibles.L’une des qualités de l’auteur, pour moi fondamentale, est de poser cette question de l’attachement avec la force du simple. L’humour, code de langage coutumier des personnages, contrebalance leur incapacité à communiquer. Il les conduit aussi par instants à oublier le conflit, à laisser vivre la douceur, la tendresse, l’amour.

Panchika Velez

Panchika Vélez a récemment mis en scène "Ah! Le grand homme" de Pierre Pradinas, "Les Forains" de Stephan Wojtowicz (2 nominations Molières 2008), "Journal à quatre mains" de Flora et Benoîte Groult (2 nominations et 1 Molière 2009), "Le Mec de la tombe d'à côté" d'après Katarina Mazetti (2 nominations Molières 2011).

au Théâtre Montparnasse à partir du 22 janvier 2019
en tournée du 6 janvier au 6 avril 2020

Les spectacles et leur distribution ne sont pas contractuels

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